Malavita, Tonino Benacquista

Une plongée dans le quotidien d’une famille mafieuse repentie

malavita couv

Une famille d’Américains s’installe à Cholong-sur-Avre, en Normandie. Fred, le père, se prétend écrivain et prépare un livre sur le débarquement. Maggie, la mère, est bénévole dans une association caritative et se surpasse dans la préparation des barbecues. Belle, la fille, fait honneur à son prénom. Warren, le fils, enfin a su se rendre indispensable pour tout auprès de tous les élèves de son lycée. Une famille apparemment comme les autres en somme. Mais chassez le naturel, il a tendance à revenir au galop lorsque l’occasion s’en présente.

Malavita, c’est la chienne de la famille, personnage discret s’il en est mais qui prouve sa capacité à affronter de terribles épreuves  et à se venger cruellement au besoin, protégeant sa famille au passage et faisant régner l’ordre lorsqu’il menace d’être à nouveau perturbé. Quelle meilleure métaphore aurait pu représenter celle qui porte l’un des noms de la mafia italienne ?

L’auteur, Tonino Benacquista, vit en France et est lui-même issu d’une famille italienne immigrée. Il a reçu de nombreux prix littéraires et est surtout connu pour ses romans noirs mais a aussi été primé pour ses bandes dessinées. Il a également travaillé pour le cinéma.

Ce roman est sorti en 2004 et est suivie d’une suite, parue en 2008, Malavita encore. Un film existe également et à ce sujet je ne peux que laisser ce très bon lien :

https://www.youtube.com/watch?v=tx0NJsAJi34

Dès les premières pages nous faisons connaissance avec les membres de cette famille pas comme les autres et placée sous protection du FBI, le chef de famille ayant balancé pas mal de ses anciens acolytes. Ces derniers n’ont d’ailleurs pas oublié la trahison qui a bien mis du plomb dans l’aile à toutes les branches mafieuses new-yorkaises. L’occasion d’oublier ses petits différents et de s’allier pour se venger de celui qui, non sans mal, essaye de s’intégrer et de refaire sa vie en Normandie. Si pour les enfants et Madame cela s’avère moins compliqué que prévu, Fred lui a bien du mal à tourner la page de son ancienne vie et des tous les privilèges que cela incluait.

Ce qui frappe surtout c’est de voir à quel point ce changement de vie participe à désunir les membres de la famille. Chacun essaye de son côté d’utiliser ses qualités afin de reconstruire quelque chose de sa vie et d’aller de l’avant. Et l’on comprend bien vite que la famille va se disloquer. A moins qu’une épreuve ressurgit de leur ancienne vie ne vienne à nouveau ressouder les liens et que chacun retrouve sa place dans la dynamique familiale.

Malavita est une petite parenthèse d’humour dans laquelle on passe un agréable moment.

« Un des nombreux noms que les Siciliens ont donné à la mafia. La malavita, la mauvaise vie. J’ai toujours trouvé que c’était bien plus mélodieux que  « mafia », « onorevole società », « la pieuvre », ou la « cosa nostra ». La malavita.

Si on m’avait interdit de faire allusion à ma société secrète, sous quelque appellation que ce soit, j’avais encore le droit d’appeler ma chienne comme je voulais et de claironner son nom partout. Nostalgie. »

G.

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