Rosa Candida, Auđur Ava Ólafsdóttir

La légendaire sympathie des Islandais….

rosa candida couv

En route pour une ancienne roseraie du continent, avec dans ses bagages deux ou trois boutures d’une variété de rose rare, Arnljótur  semble fuir… fuir sa famille qui n’en est plus vraiment une depuis l’accident qui a causé le décès de sa mère, mais aussi cette famille qu’il pourrait envisager de former avec Anna et leur petite fille née d’une nuit d’insouciance.

L’auteure, Auđur Ava Ólafsdóttir est islandaise. Et d’ailleurs, dès les premières pages, même si aucun lieu n’est cité, les descriptions des paysages et du climat m’ont immédiatement fait voyager.

rosa candida illustr

L’écriture est poétique, légère et nous fait suivre les tribulations du personnage principale à travers l’Europe et le but fixé d’aller remettre en état la roseraie autrefois réputée, aujourd’hui oubliée d’un monastère, au sein d’un petit village isolée. Le style peut paraître lent et découragera sans doute plus d’un lecteur. Pourtant, c’est cette façon très descriptive et simple de partager les journées d’Arnljótur qui crée l’ambiance même du roman, un peu à part.

Si le ton ne manque pas d’humour, Arnljótur se posant beaucoup de questions sur sa libido et espérant une aventure à chaque rencontre féminine, c’est surtout les questionnements intérieurs du jeune homme qui touchent à la lecture de ce livre. A la fois dans la difficulté à faire le deuil de sa mère, à accepter un père vieillissant et un frère handicapé mais aussi à envisager sereinement un rôle de père et de conjoint, le quotidien n’est pas simple pour le jeune homme qui préfère se réfugier dans la solitude des jardins.

Ses pensées alternent entre trois sujets principalement : la mort, le corps (la conscience que l’on peut en avoir, ses besoins ses ressentis) et du coup, le sexe. Arnljótur apparaît rapidement comme un doux rêveur, préférant évoluer dans une sorte de bulle protectrice, dépassé par son empathie, il ne comprend pas toujours ce qu’il ressent où les réactions et attitudes des autres êtres humains. Evidemment, les chiens ne faisant pas des chats, c’est bientôt Flóra Sól, seule enfant du village qui se révèle bientôt comme une figure presque christique apportant sa lumière à tout un village !

En bref , un bon moment de lecture, un livre comme une bulle douce et lumineuse,dans laquelle on reprend foi en l’être humain.

« La douleur est de nouveau la seule réalité tangible. Il est évident pourtant que mes souffrances sont insignifiantes à côté de la misère du monde, de la sécheresse, des cyclones et des guerres en cours. »

G.

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