Clash

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(film égyptien de Mohamed Diab, 2016, 1h37)

Le Caire, été 2013, deux ans après la révolution égyptienne. Au lendemain de la destitution du président islamiste Morsi, un jour de violentes émeutes, des dizaines de manifestants aux convictions politiques et religieuses divergentes sont embarqués dans un fourgon de police. Sauront-ils surmonter leurs différences pour s’en sortir ?

Sélectionné officiellement dans la catégorie « un autre regard » au festival de Cannes 2016, ce film est le deuxième de l’égyptien Mohamed Diab (après Les femmes du bus 678). 

Mohamed Diab , dans ses deux films s’attache à montrer le quotidien des égyptiens, bien loin de l’image touristique que nous avons. Mais, dans cette deuxième réalisation, il pousse le réalisme jusqu’à reproduire, avec un nombre de figurants impressionnant, les émeutes qui ont eu lieu autour de la destitution du président élu démocratiquement Mohamed Morsi. Pour rappel, en 2013, quelques mois après les élections, l’armée égyptienne menée par le Général Abdel Fattah al-Sissi  et soutenue par une partie de la population provoque un coup d’état renversant le président Morsi. Président, jugée dangereux par une partie du pays, puisque affilié au parti islamique radical des Frères Musulmans.

Les émeutes de l’été 2013, intervenant sur la fin du printemps arabe (après les événements ayant conduit aux renversements de dirigeants de plusieurs pays arabes , Tunisie et Lybie notamment), opposèrent donc les partisans d’un Islam assez radical derrière les Frères Musulmans et les partisans du Général Sissi.

Ce film est une véritable claque. En réussissant le tour de force de ne prendre aucun parti, Mohamed Diab nous fait revivre les violences inouïes qui ont secoué le pays pendant plusieurs semaines alors qu’à l’image elles sont finalement plutôt suggérées.

Le film a, en grande partie été tourné depuis l’intérieur d’un vrai fourgon de police et rend ainsi palpable la sensation d’étouffement et d’emprisonnement vécue par les protagonistes. Le tournage a d’ailleurs été particulièrement difficile pour les acteurs du fait de l’exiguïté du fourgon. Toutes les scènes ou presque sont vues depuis l’intérieur du camion et rendent encore plus vif le sentiment d’impuissance au regard de ce qui se passe à l’extérieur.

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Au delà de cela, Clash rend compte de ce dont est capable la nature humaine. D’une vingtaine de personnages aux idéologies différentes (journalistes, partisans des Frères Musulmans, partisan de l’armée et policiers) qui se retrouvent malgré eux dans ce même fourgon nous assistons à une évolution. Sur le point de s’entre tuer d’abord, puis témoin des scènes de barbaries innommables de l’extérieur du fourgon et étant le fait de tout parti confondu.

Mohamed Diab filme la prise de conscience de la sauvagerie dont est capable l’être humain pris dans la masse, par quelques personnages spectateurs de cela. Jusqu’au moment où ces quelques personnages vont commencer à tisser des liens et ressentir le besoin de se protéger les uns les autres de ce qui se passe à l’extérieur du huis clos.

Plusieurs thèmes sont abordés: la différence de religion, de sexe, de classe sociale, d’idéologie politique; cela nous permet finalement de prendre conscience qu’avant tout cela, nous sommes des êtres humains et que la force réside dans cette caractéristique commune.

G.

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