Kinderzimmer, Valentine Goby

kinderzimmer-valentine-goby  (Actes sud, babel, 2015, 240 pages)

En 1944, le camp de concentration de Ravensbrück compte plus de 40 000 détenues. Dans les baraquements, chaque femme doit trouver l’énergie de survivre, au plus profond d’elle-même, puiser quotidiennement la force d’imaginer demain. Quand elle arrive là, Mila a vingt ans. elle est enceinte mais elle ne sait pas si ça compte, si elle porte une vie ou sa propre condamnation à mort. Sur ce lieu de destruction, comme une anomalie, une impossibilité: la Kinderzimmer, une pièce dévolue aux nourrissons, un point de lumière dans les ténèbres.

Je suis tombé sur ce roman un peu par hasard, alors que je cherchais un autre ouvrage de Valentine Goby. Bon, j’ai pas trouvé celui que je cherchais mais j’ai rencontré celui-ci et le résumé m’a rapidement convaincu. Et ensuite, le roman entier m’a convaincu!

Ce roman est écrit à la troisième personne et rend compte de ce qui vit Mila, le personnage principal. Le rythme est soutenu et nous faire partager le quotidien de ces femmes dans le camp de Ravensbrück. Toutes les privations endurées qui visent à ôter toute humanité aux prisonnières sont détaillées de façon crue: la maladie, la faim, le froid, la torture physique, la mort.

Ce qui est pourtant donné à voir au-delà de tout ça, c’est la façon dont certaines femmes arrivent à s’arranger de ce sinistre sort. Comment de la misère du quotidien naît une forme de débrouille, d’entraide , de sabotage, pour rendre les choses un peu plus supportable.

Et au milieu de ce camp de la mort, la possibilité que la vie se fraye temporairement un chemin en donnant naissance à des enfants. Cette petite lueur d’espoir à laquelle Mila va s’accrocher coûte que coûte, pour laquelle elle va se débattre et qui finalement va lui permettre de survivre.

Enfin, tout au long récit comme un fil ténu, se pose la question de ce que peu endurer l’esprit humain et de sa capacité à se reconstruire en n’omettant pas que de tels traumatismes font aussi des dégâts collatéraux.

Qui a dit que l’on tombait sur des livres par hasard? Celui-ci est en tout cas l’un des rares à m’avoir fait venir les larmes aux yeux… L’auteur réussit le tour de force d’amener de la délicatesse et de l’espoir là ou ne s’attend qu’à trouver la mort et la haine. C’est, à mon avis, une idée précieuse à garder en tête, peut-être encore davantage actuellement.

G.

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