La planète des singes

suprématie

durée 2h22; réalisateur : Matt Reeves (2017)

Ce film fait suite à deux premiers volets: les origines et l’affrontement.

 

 

« Les Origines » débute dans un laboratoire, où des scientifiques expérimentent un traitement sur des singes pour vaincre la maladie d’Alzheimer. Mais leurs essais ont des effets secondaires inattendus : ils découvrent que la substance utilisée permet d’augmenter radicalement l’activité cérébrale de leurs sujets. César, est alors le premier jeune chimpanzé faisant preuve d’une intelligence remarquable. Mais trahi par les humains qui l’entourent et en qui il avait confiance, il va mener le soulèvement de toute son espèce contre l’Homme dans un combat spectaculaire.

Dans « l’Affrontement », une nation de plus en plus nombreuse de singes évolués, dirigée par César, est menacée par un groupe d’humains qui a survécu au virus dévastateur qui s’est répandu dix ans plus tôt. Ils parviennent à une trêve fragile, mais de courte durée : les deux camps sont sur le point de se livrer une guerre qui décidera de l’espèce dominante sur Terre.

Enfin dans « Suprématie » :Chassés de leur habitat, César et ses semblables se remettent encore de la prise de contrôle de Koba. César garde le maigre espoir d’éviter la guerre avec les humains mais ses ennemis sont sur le point de recevoir des renforts militaires dirigés par le cruel colonel McCullough. Alors qu’il tente de bloquer les soldats de McCullough, César envoie son fils Blue Eyes au sud pour trouver un refuge pour les singes, malgré les rumeurs d’événements terribles qui se produisent là-bas. Pendant ce temps, les partisans de Koba sèment la dissidence parmi les rangs de César. »

La première fois que j’ai regardé « la planète des singes », j’étais petite et  la première adaptation du roman de Pierre Boulle que j’ai vu, était celle de 1968 avec Charlton Heston, qui m’avait fait plutôt peur.

Des années plus tard, je regarde par curiosité Les Origines réalisé par Rupert Wyatt. Et celui-là tend à me réconcilier avec cette histoire car il n’y a pas dans ce flm de manichéisme évident. Les hommes essaye de dominer la nature et se font prendre à leur propre piège mais ne sont pas tous mauvais. De la même manière, les singes victime des tests en laboratoire dépassent leur statut de victime et peuvent devenir violent.

J’ai plutôt apprécié les deux premiers films car ils amenaient une réflexion sur l’espèce dominante. Bon le premier le faisait davantage que le second et avec le recul, je me dis qu’il aurait pu se suffire à lui-même, vu ce qu’il suggérait en toute fin et vu les dérives qui ont commencé à poindre dans l’Affrontement.

Tout au long de ce triptyque, on perçoit l’évolution de César: d’une personne ayant confiance en son humain, choyé , protégé qui se rend compte de la réalité du monde et du fait qu’il n’est à l’extérieur considéré que comme un animal corvéable à merci. L’intelligence qu’il développe lui permet de devenir lucide sur la réalité des choses, son caractère se forge jusqu’à devenir chef d’une révolution et à conduire ses semblables à la liberté.

 

Puis après que le virus ait presque éradiqué l’espèce humaine, César devenu chef de guerre et chef de famille  porte le poids de guider ses semblables tout en restant juste malgré les remises en questions et désaccords et besoin de vengeance de certain.

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Enfin, le troisième film montre un César dont les certitudes vacillent et dont le besoin de vengeance prend le dessus dans une haine aveugle qui mène les siens à la perte et qui lui fait se rendre compte qu’il n’est pas vraiment différent de ceux qu’il combat.

césar

A la fin du deuxième film on essayait de garder  un peu foi en l’espèce humaine, se disant qu’il existait un espoir de trouver des individus un peu moins pourris et destructeurs que la moyenne, même désespérés.

humainsinge

Ce qui m’a le plus gêné dans l’évolution de cette histoire qui se présente comme un préquel au roman de Pierre Boulle, c’est cette évolution du groupe des singes qui est un mimétisme de la société humaine. Alors certes, dans le roman, les choses sont effectivement décrites ainsi mais puisque ce qui est développé ici n’existait pas , est ce que cela ne permettait pas justement d’explorer une autre voie, qui aurait par ailleurs apporté une vraie modernité au récit?

Ce troisième film, réalisé par Matt Reeves comme le second, est très accentué sur l’action que sur une vision critique des choses amorcée par les Origines.  J’ai été plutôt déçue même par certains clichés qui y sont bien développés. Ainsi, ce singe de zoo qui a appris à parler en regardant les humains et dont le personnage en devient presque ridicule tellement il est caricatural. Un autre traitement aurait je pense pu être fait de ce sujet;

Sur la réalisation, les images sont en revanche toujours magnifique. A souligner, la performance d’ Andy Serkis que je trouve toujours très convaincant, en Gollum autant qu’en César.

andyserkis

En conclusion, mon questionnement persiste autour du fait que même si les singes deviennent l’espèce dominante , Matt Reeves à chercher à les humaniser un maximum , (ce qui n’était à mon sens moins rechercheé par Rupert Wyatt dans les Origines): les relations interpersonnelles, la notion de famille et des liens d’attachement, les singes qui se tiennent et se  déplacent debout où même à cheval!! (l’appropriation d’une autre espèce à son profit!) , l’utilisation d’armes à feu et le désir de vengeance sont selon moi propre de l’être humain. je pense qu’il aurait été possible de dépendre une espèce simiesque dominante et redoutable tout en étant fidèle à sa propre nature (ce qui avait été amorcé au début).

j’avais beaucoup aimé le premier volet , (mais vraiment beaucoup) puisqu’il questionnait beaucoup sur notre rapport à la nature et la façon dont l’être humain pense pouvoir agir en tout impunité. Le deuxième film était également intéressant dans le sens où j’y voyais une humanité réduite à presque rien et n’étant plus l’espèce dominante et qui devait composer et négocier avec d’autres forces pour survivre. En revanche le dernier 3e film, si il fallait selon moi le voir pour clore ce triptyque, a clairement fait le aprti pris d’une autre direction moins intéressante.  Alors oui, César fait le constat qu’il reproduit à son tour les mêmes erreurs que les hommes en cherchant à assouvir sa vengeance personnelle mais j’aurais je pense préférer une sorte de victoire de la nature sur l’homme qui n’est que partielle ici.

G.

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