American Gods, Neil Gaiman

american gods

(2002 éditions J’ai lu, (2017) 604 pages)

Dans le vol qui l’emmène à l’enterrement de sa femme tant aimée, Ombre rencontre Voyageur, un intrigant personnage. Dieu antique, comme le suggèrent ses énigmes, fou, ou bien simple arnaqueur ? Et en quoi consiste réellement le travail qu’il lui propose ? En acceptant finalement d’entrer à son service, Ombre va se retrouver plongé au sein d’un conflit qui le dépasse : celui qui oppose héros mythologiques de l’ancien monde et nouvelles idoles profanes de l’Amérique. Mais comment savoir qui tire réellement les ficelles : ces entités légendaires saxonnes issues de l’aube des temps, ou les puissances du consumérisme et de la technologie ? A moins que ce ne soit ce mystérieux M. Monde…

Amateurs de Neil Gaiman, d’univers loufoques et complètement barrés, ce livre et pour vous. Esprit curieux et ouvert, tentez votre chance , les autres passez votre chemin au risque de vous ennuyer. Car il ne se passe effectivement pas grand chose dans ce gros pavé. Alors oui, on nous balade en prétextant une guerre qui n’en fini pas d’être imminente entre anciens et nouveaux Dieux au cœur des Etats Unis… pour autant c’est un peu comme la baleine blanche du capitaine Achab on l’attend pendant 580 pages pour pas grand chose au final.

En effet, si le sujet est prétexte à l’histoire ici, ce n’est pas vraiment le propos et il s’agit plus d’une excuse pour nous amener vers d’autres réflexions comme Gaiman sait si bien le faire. Mine de rien, il nous cultive un peu au passage en distillant ça et là des références mythologiques peu connues qui donne envie d’aller un peu plus gratter le sujet.

Mais surtout, il nous fait voyager à travers les Etats Unis dans des vieilles bagnoles pourries pour mieux en faire un portrait bien critique. Il oppose une vision ancienne du pays qui est celle d’une terre d’accueil pour des migrants en quête d’un nouveau départ, arrivant avec leurs croyances; à une vision moderne qui est celle d’un pays dans la consommation outrancière (image, médias, nourriture, technologies, armes) qui ne respecte rien et détruit tout sur son passage dans sa volonté de diriger le monde.

Le propos est plus profond qu’il n’y paraît, comme d’habitude chez l’auteur. Il dépeint ici une société en perte de repères, passant d’un dieu à l’autre au profit du plus attirant. Une société fonctionnant sur un mode de consommation éphémère et destrcutrice, éloigné des réalités du monde et de la nature.

Comme d’habitude également l’écriture est fluide, simple donc accessible au plus grand nombre même si le récit lui est plus travaillé. L’ironie, l’humour caustique sont bien présents et il faut avoir se laisser emporter dans cet univers très particulier qui est celui de Neil Gaiman.

Les personnages sont également intéressants, ne versant pas dans le manichéisme, ils peuvent se montrer attachant ou émouvant avant de trahir et de devenir monstrueux dans tous les sens du terme.

En bref, encore une fois du très bon Neil Gaiman , je trouve. Peut-être à réserver à un lecteur averti ou suffisamment curieux pour s’y laisser prendre.

G.

Une réflexion sur “American Gods, Neil Gaiman

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