Bakhita, Véronique Olmi

Bakhita

(éditions Albin Michel, 2017, 455 pages, ISBN 2226393226)

Bakhita, née au Darfour au milieu du XIXe siècle, est enlevée par des négriers à l’âge de 7 ans. Revendue sur un marché des esclaves au Soudan, elle passera de maître en maître, et sera rachetée par le consul d’Italie. Placée chez des religieuses, elle demande à y être baptisée puis à devenir sœur.

Récit d’une vie, du commencement à la fin et d’un destin particulier, l’histoire de Bakhita est présenté comme une suite d’événements sur lesquels cette femme n’a aucune prise ou presque. C’est le témoignage d’une enfant enlevée pour devenir esclave, torturée, violée, niée jusque dans sa chair.

L’écriture de Véronique Olmi est plutôt pudique et délicate, suggérant beaucoup les choses plutôt que de nous les donner à voir crûment. Au fil des pages on se prend d’affection pour Bakhita.

Le parallèle se fait de façon habile entre l’histoire de l’esclavage qui nous paraît tellement lointaine géographiquement et historiquement et les deux guerres mondiales. Mais surtout, un lien se tissse à l’évocation du génocide Juif durant la seconde guerre mondiale beaucoup plus parlant culturellement sans doute, mais qui exposent des êtres humains aux mêmes atrocités perpétrées par leurs paires.

J’ai lu l’enfance de Bakhita de façon très rapide, presque dans une forme d’urgence, emportée presque de façon mimétique avec ce qu’elle a vécu. Puis ma lecture s’est considérablement ralenti après l’arrivée en Europe où j’ai ressenti comme le personnage, une forme de sécurité, où la possibilité de plus de recul sur les choses et enfin de décider par soi-même.

J’ai trouvé ce livre assez prenant et émouvant mais je ne suis pas parvenue à me laisser complètement emporter malgré tout. J’ai ressenti comme un ras le bol à l’évocation récurrente des réactions de la population à la première vue de la peau noire de Bakhita. Sans doute était-ce la réalité de l’époque et peut-être y avait-il nécessité à le souligner à ce point… et sans doute suis-je trop réfractaire à cette mentalité de rejet pour ne pas m’en agacer.

En conclusion, j’ai apprécié ce moment de lecture sans totalement parvenir à plonger dans cette histoire malgré l’intérêt que je portais au sujet de départ.

G.

 

 

Une réflexion sur “Bakhita, Véronique Olmi

  1. J’ai beaucoup aimé l’écriture de ce roman et suis absolument d’accord avec toi sur l’urgence que l’on ressent dans la première partie, liée sans doute aussi au rythme de l’écriture de Véronique Olmi qui se calme ensuite lorsque la situation de Bakhita s’apaise.

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