Les mal-aimés, Jean-Cristophe Tixier

Éditions Le Livre de Poche, 312 pages, ISBN : 978-2-253-24162-1

1884, aux confins des Cévennes. Une maison d’éducation surveillée ferme ses portes et des adolescents décharnés quittent le lieu sous le regard des paysans qui furent leurs geôliers. Quand, dix-sept ans plus tard, sur cette terre reculée et oubliée de tous, une succession d’événements étranges se produit, chacun se met d’abord à soupçonner son voisin. On s’accuse mutuellement du troupeau de chèvres décimé par la maladie, des meules de foin en feu, des morts qui bientôt s’égrènent… Jusqu’à cette rumeur, qui se répand comme une traînée de poudre : « Ce sont les enfants qui reviennent. »

Je me suis lancée dans cette lecture sans vraiment savoir où je mettais les pieds si ce n’est un univers assez sombre, sordide et parfois glauque.

Dans ce livre catégorisé en polar, il n’est pas vraiment question de poursuites ou de résolution d’enquête

L’auteur nous plonge dans le vif du sujet avec, à chaque début de chapitre un extrait des registres d’écrous d’archives d’une maison d’éducation de l’Hérault . C’est assez glaçant.

Cependant, malgré ce que l’on croit à la lecture du prologue, ce ne sont pas ces jeunes garçons que l’on suit dans ce roman.

On découvre ici plusieurs personnages aussi rudes et tourmentés les uns que les autres. Chacun dans ce « creux », petit hameau aux terres infertiles et au climat rude, voit ses plus grandes craintes se réaliser petit à petit, à travers des évènements qui, en ces temps reculés passent pour de mauvais présages et n’augurent rien de bon.

Il faut imaginer cette vie à l’époque dans ces campagnes, sur cette terre qui les a vu naître et dont la plupart ne connaît rien d’autre, sous l’influence de la religion mêlée de superstition.

On y suit alternativement Blanche, une jeune fille élevée par son oncle rustre qui abuse d’elle depuis tant d’années. Étienne qui s’occupe des chèvres de Léon et Jeanne. Mais aussi un médecin issu de ce trou perdu dont il croit pouvoir lui tourner le dos pour retourner exercer à la ville. On y croise aussi Alphonse, l’ivrogne du coin, et Angèle, dite la Cruère qui gagne son pain en « élevant » des enfants abandonnés qui lui sont confiés par l’Administration.

Cette communauté rurale évolue dans ce hameau dominé par ce qu’ils appellent le « bagne », ce bâtiment sinistre qui renferme bien des secrets.

Ce roman m’a troublée tant ses personnages sont rudes, râpeux, austères… Même si, arrivée à la moitié du roman, je ne savais toujours pas pourquoi cette culpabilité collective les hantaient. Les pièces du puzzle se mettent en place dans la deuxième partie et j’ai apprécié en savoir plus sur le passé de ce hameau.

Ce fut une très bonne lecture (si on peut le dire ainsi) mais il faut tout de même avoir le cœur bien accroché !

S.

3 réflexions sur “Les mal-aimés, Jean-Cristophe Tixier

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