Aquarium, David Vann

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(editions Gallmeister, 2015, 240 pages, ISBN : 9782351781173)

Caitlin, douze ans, habite avec sa mère dans un modeste appartement d’une banlieue de Seattle. Afin d’échapper à la solitude et à la grisaille de sa vie quotidienne, chaque jour, après l’école, elle court à l’aquarium pour se plonger dans les profondeurs du monde marin qui la fascine. Là, elle rencontre un vieil homme qui semble partager sa passion pour les poissons et devient peu à peu son confident. Mais la vie de Caitlin bascule le jour où sa mère découvre cette amitié et lui révèle le terrible secret qui les lie toutes deux à cet homme.

J’ai découvert David Vann il y a quelques années avec Sukwan Island que j’avais beaucoup apprécié, puis je l’ai retrouvé avec l’obscur clarté de l’air que j’ai trouvé magnifique. Quand je suis tombée sur Aquarium j’ai tout naturellement décidé de renouveler l’expérience.  Lire la suite

Bakhita, Véronique Olmi

Bakhita

(éditions Albin Michel, 2017, 455 pages, ISBN 2226393226)

Bakhita, née au Darfour au milieu du XIXe siècle, est enlevée par des négriers à l’âge de 7 ans. Revendue sur un marché des esclaves au Soudan, elle passera de maître en maître, et sera rachetée par le consul d’Italie. Placée chez des religieuses, elle demande à y être baptisée puis à devenir sœur.

Récit d’une vie, du commencement à la fin et d’un destin particulier, l’histoire de Bakhita est présenté comme une suite d’événements sur lesquels cette femme n’a aucune prise ou presque. C’est le témoignage d’une enfant enlevée pour devenir esclave, torturée, violée, niée jusque dans sa chair. Lire la suite

Sans héritage 1: Lucien Louis Marie, Lorraine Rountree

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(autoédition, 231 pages, illustration couverture Anne-Marie Lavollée)

Voici Lucien Louis Marie Fréreux, né en 1900, au hameau de la Pardaille dans le Lot et Garonne. il vit simplement, comme un petit paysan. C’est un garçon doux et profond, qui vacille parfois, envahi par des peurs, des sensations étranges qu’il ne sait pas nommer. Lucien ne le sait pas mais il vient d’autre part. Il est le fruit d’une relation brève et secrète entre la jeune Félicité Fréreux et Yves Raversi, son professeur à l’académie de peinture de Rennes. En 1900, les temps sont difficiles pour les filles-mères: »Je l’ai donné à mon frère comme on donne un chiot ». En mai 1913, les parents de Lucien meurent, écrasés par une voiture. Lucien est recueilli par Félicité – qu’il croit être sa tante – et son mari, Constant Moine, qui vient le chercher à la Pardaille. Commence alors pour Lucien, un voyage à travers la France, un voyage à travers les secrets de sa famille, un voyage à travers le siècle.

Ce premier volume d’une série en cours d’écriture (5 tomes déjà parus, 3 arrivent en 2018) pose les bases d’une histoire familiale que l’on sent complexe, tissée de secrets et de non-dits. A travers l’écrit de Lorraine Rountree, j’ai fais la connaissance de Lucien. Jeune garçon très vite attachant, il émeut par son besoin perpétuel de comprendre ce qui se passe autour de lui sans oser le demander. Ce personnage m’a touché dans sa façon d’être, gentil et en quête d’affection, sujet à des angoisses qu’il ne maîtrise pas. On lui demande à l’âge de 13 ans de « se faire » à une nouvelle vie aux antipodes de ce qu’il connaissait jusqu’à lors et quand bien même on ne lui dit pas la vérité sur sa famille. Lire la suite

Petit pays, Gaël Faye

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Avant, Gabriel faisait les quatre cents coups avec ses copains dans leur coin de paradis. Et puis l’harmonie familiale s’est disloquée en même temps que son « petit pays », le Burundi, ce bout d’Afrique brutalement malmené par l’Histoire. Plus trad, Gabriel fait revivre un monde à jamais perdu. Les battements de cœur et les souffles coupés, les pensées profondes et les rires déployés, le parfum de citronnelle, les termites, les jours d’orage, les jacarandas en fleur…L’enfance, son infinie douceur, ses douleurs qui ne nous quittent jamais.

Petit pays commence comme un récit d’enfance. L’auteur y déploie des  souvenirs à travers lesquels on devine le début d’une quête d’identité. Dès le début, c’est l’adulte qui s’exprime à travers l’enfant en expliquant le déracinement, la difficulté à se sentir chez soi lorsqu’on a été arraché à son pays: à la fois pas vraiment d’ici mais plus de là-bas non plus. Lire la suite

Les années cerises, Claudie Gallay

années cerises

A l’école, on l’appelle l’Anéanti. Pas seulement parce qu’il collectionne les zéros : sa maison, à l’écart du village, est menacée d’être engloutie par une falaise qui s’effrite peu à peu. Et alors que tous : autorités, voisins, famille, conseillent à ses parents de déménager le plus rapidement possible, ils s’accrochent à leur chez-eux. La mère surtout, qui ne se soucie guère de rassurer son fils et distribue les claques plus facilement que les câlins. C’est dehors que le jeune garçon trouve de l’affection et des raisons d’aimer la vie : en s’occupant des animaux de la ferme de pépé et mémé, en rêvant à la grande sœur de son ami Paulo, en faisant de la balançoire sur le cerisier planté au bord du gouffre..

J’ai découvert Claudie Gallay avec « les Déferlantes » que j’avais beaucoup aimé il y a quelques années. Quand « les années cerises » a croisé ma route, je n’ai donc pas hésité avant de l’emmener. Lire la suite