Americanah, Chimamanda Ngozi Adichie

Americanah

(éditions Folio , 2016, 685 pages, ISBN: 9782070468805)

«En descendant de l’avion à Lagos, j’ai eu l’impression d’avoir cessé d’être noire.» 

Ifemelu quitte le Nigeria pour aller faire ses études à Philadelphie. Jeune et inexpérimentée, elle laisse derrière elle son grand amour, Obinze, éternel admirateur de l’Amérique qui compte bien la rejoindre. 
Mais comment rester soi lorsqu’on change de continent, lorsque soudainement la couleur de votre peau prend un sens et une importance que vous ne lui aviez jamais donnés? 
Pendant quinze ans, Ifemelu tentera de trouver sa place aux États-Unis, un pays profondément marqué par le racisme et la discrimination. De défaites en réussites, elle trace son chemin, pour finir par revenir sur ses pas, jusque chez elle, au Nigeria.

Chimamanda Ngozi Adichie propose ici un long voyage géographique (du Nigéria dont elle a elle-même la nationalité jusqu’au Etats Unis, aller-retour), mais pas seulement, il est question ici d’un sujet très discuté actuellement: l’immigration, l’émigration, l’expatriation,… d’où dépend du point de vue duquel on l’aborde. Mais pour une fois, on peut dire qu’on passe un peu de l’autre côté de la barrière et ça ne fait pas de mal! Lire la suite

Les matins de Jenine, Susan Abulhawa

Jenine

(éditions Pocket, 2009,  423 pages, ISBN : 2266190040)

Comme son père, et comme le père de son père, Hassan vit de la culture des olives dans le petit village palestinien d’Ein Hod. Mais en 1948, lors du conflit qui suit la création de l’Etat d’Israël, Ein Hod est détruit et ses habitants conduits vers un camp de réfugiés. Pour Hassan, cet exil s’accompagne de la douleur de voir l’ancestral cycle familial brisé à jamais. Son jeune fils Ismaïl a été enlevé par des Israéliens qui lui cacheront ses origines. L’aîné, Youssef, grandira dans la haine des juifs, prêt à toutes les extrémités. Quant à Amal, sa fille, elle tentera sa chance aux Etats-Unis, inconsolable cependant d’avoir fui les siens. La guerre les a séparés. Elle seule pourra les réunir…

Susan Abulhawa nous emmène ici dans une fresque familiale qui nous fait suivre quatre générations d’une famille palestinienne entre 1948 et 2002. De l’après seconde guerre mondiale, où beaucoup de personnes rescapées de la Shoah ont eu la volonté de créer un état Juif, sur des terres revendiquées comme d’appartenance historique.  Lire la suite

American Honey

Amercian Honey couv

(film de Andrea Arnold, 2 h 43 min ,2017. Avec Sasha Lane, Shia LaBeouf, Riley Keough)

Star, une adolescente, quitte sa famille dysfonctionelle et rejoint une équipe de vente d’abonnements de magazines, qui parcourt le midwest américain en faisant du porte à porte. Aussitôt à sa place parmi cette bande de jeunes, dont fait partie Jake, elle adopte rapidement leur style de vie, rythmé par des soirées arrosées, des petits méfaits et des histoires d’amour…

Dans un style mi road-movie, mi documentaire social, nous parlons aujourd’hui d’American Honey, qui se traduit par Américain/e pur sucre, ce dont se revendique les personnages dans ce film.

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American Gods, Neil Gaiman

american gods

(2002 éditions J’ai lu, (2017) 604 pages)

Dans le vol qui l’emmène à l’enterrement de sa femme tant aimée, Ombre rencontre Voyageur, un intrigant personnage. Dieu antique, comme le suggèrent ses énigmes, fou, ou bien simple arnaqueur ? Et en quoi consiste réellement le travail qu’il lui propose ? En acceptant finalement d’entrer à son service, Ombre va se retrouver plongé au sein d’un conflit qui le dépasse : celui qui oppose héros mythologiques de l’ancien monde et nouvelles idoles profanes de l’Amérique. Mais comment savoir qui tire réellement les ficelles : ces entités légendaires saxonnes issues de l’aube des temps, ou les puissances du consumérisme et de la technologie ? A moins que ce ne soit ce mystérieux M. Monde…

Amateurs de Neil Gaiman, d’univers loufoques et complètement barrés, ce livre et pour vous. Esprit curieux et ouvert, tentez votre chance , les autres passez votre chemin au risque de vous ennuyer. Car il ne se passe effectivement pas grand chose dans ce gros pavé. Alors oui, on nous balade en prétextant une guerre qui n’en fini pas d’être imminente entre anciens et nouveaux Dieux au cœur des Etats Unis… pour autant c’est un peu comme la baleine blanche du capitaine Achab on l’attend pendant 580 pages pour pas grand chose au final. Lire la suite