Et ne reste que des cendres, Oya baydar

et ne reste que des cendres (Editions 10/18, 672 pages, 2015, ISBN 9782264068910)

Ne reste que des cendres. Des cendres chaudes, brûlantes, des poussières incandescentes au goût âcre : les vestiges des feux allumés par toute une génération qui croyait pouvoir enrayer le mécanisme infernal des dictatures militaires et des fanatismes.
Une génération de révolutionnaires, de militants, parmi lesquels la flamboyante Ülkü. Personnage obsédant, amoureuse éperdue, elle traverse la tête haute et le cœur battant les tourmentes politiques et sociales qui ont secoué la Turquie depuis les années 70. Elle qui a vécu dans sa chair la torture et les deuils ; dans son cœur : la passion, la fascination et la lâcheté des hommes.
Des cendres de cet engagement des plus contemporains, Oya Baydar fait renaître les cris, les passions, les espoirs de son peuple, de ces militants du monde entier qui, de Paris à Istanbul en passant par Moscou et Leipzig, ont comme elle connu la lutte, l’exil et le désenchantement. 

J’ai mis du temps à me décider à parler de ce livre ici. En effet, la lecture en a été assez ardue et pourtant j’ai trouvé passionnante la lecture de ces presque 700 pages.

Nous suivons ici la jeunesse et l’évolution des deux protagonistes dans leurs engagements politiques et idéaux respectifs, en même temps que leur histoire d’amour intemporelle et en pointillés. Si ce dernier thème est présent en fil rouge tout au long du récit, il est évoqué de façon réaliste au vu du contexte et sert plutôt de prétexte au fond du roman au final.

Le premier point est que j’ai trouvé qu’il y avait énormément de personnages avec des noms qui ne me sont pas culturellement familiers, ce qui a failli me perdre au premier quart de lecture environ. Etant assez inculte en ce qui concerne l’histoire politique et sociale de la Turquie depuis les années 70 ( et globalement d’ailleurs), cet aspect a également été compliqué. Beaucoup de noms de partis que je ne connaissais pas, d’événements qui ne m’était pas familiers et d’enjeux qui me dépassaient. Mais aimant souffrir je pense, j’apprécie aussi qu’un livre me renvoie à mon manque de connaissances sur ce genre de sujets pour y être plus attentive à l’avenir!

D’autant que l’autrice nous offre ici un tour de force. Elle jongle avec les périodes, les souvenirs de chacun et les différents points de vue au fil des rencontres et des événements, passant d’une époque à l’autre, d’un narrateur à l’autre, d’un souvenir à l’autre pour finalement revenir à la scène initiale. Comme un courant de pensée que le lecteur doit parvenir à suivre. Si cela demande une lecture attentive, la qualité de l’écriture et du récit rendent cela d’autant plus intéressant.

Le personnage principale Ülkü est une jeune femme attachante, fidèles à ses idées et pourtant en permanentes remise en question et évolution. A travers elle, on devine assez aisément certaines idées politiques, sociales et féministes de l’autrice.

Le point de vue présentée sur la Turquie vue par une personne qui connaît bien le pays apporte un éclairage nouveau sur certains aspects de l’Etat Turc et c’est d’abord l’origine d’Oya Baydar (juste avant le résumé du livre) qui m’a amené à cette lecture dans mon envie de découverte d’autres cultures.

En bref, j’ai aimé cette lecture même si elle n’ a pas été aisée au départ , mais en général ce sont les lectures que j’apprécie le plus et qui me marquent après coup. Je recommande cette lecture à toute personne ayant un minimum d’interrogations sur la question Turque. Si vous cherchez un moment de vraie détente dans un sujet léger passez votre chemin!

G.

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