Tout en haut du monde

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(réalisé par Rémi Chayé en 2015, 1h21)

1882, Saint-Pétersbourg. 
Sacha, jeune fille de l’aristocratie russe, a toujours été fascinée par la vie d’aventure de son grand-père, Oloukine. Explorateur renommé, concepteur d’un magnifique navire, le Davaï, il n’est jamais revenu de sa dernière expédition à la conquête du Pôle Nord. Sacha décide de partir vers le Grand Nord, sur la piste de son grand-père pour retrouver le fameux navire.

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Tout en haut du monde est un très beau film d’animation comme j’aime à en découvrir régulièrement. Il nous transporte d’abord dans la Russie de la fin du 19ème siècle et sa société aristocratique très codifiée. Puis ensuite sous l’impulsion de Sacha, nous participons à un long périple semé d’embûches. Nous accompagnons la jeune fille qui évolue de princesse de bonne famille à aventurière qui ne lâchera rie pour atteindre son but.

Les dessins et l’animation sont magnifiques et emprunts de poésie. Je me suis retrouvé plongée entièrement das l’ambiance du film de la première à la dernière minute sans temps morts. les personnages sont attachants et faillible, ce qui les rend d’autant plus intéressants. Le tout accompagné d’une musique pleine de grâce qui vient délicatement souligner quelques passages du film.

A découvrir pour revenir (un peu ) en enfance…

G.

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La planète des singes

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durée 2h22; réalisateur : Matt Reeves (2017)

Ce film fait suite à deux premiers volets: les origines et l’affrontement.

 

 

« Les Origines » débute dans un laboratoire, où des scientifiques expérimentent un traitement sur des singes pour vaincre la maladie d’Alzheimer. Mais leurs essais ont des effets secondaires inattendus : ils découvrent que la substance utilisée permet d’augmenter radicalement l’activité cérébrale de leurs sujets. César, est alors le premier jeune chimpanzé faisant preuve d’une intelligence remarquable. Mais trahi par les humains qui l’entourent et en qui il avait confiance, il va mener le soulèvement de toute son espèce contre l’Homme dans un combat spectaculaire.

Dans « l’Affrontement », une nation de plus en plus nombreuse de singes évolués, dirigée par César, est menacée par un groupe d’humains qui a survécu au virus dévastateur qui s’est répandu dix ans plus tôt. Ils parviennent à une trêve fragile, mais de courte durée : les deux camps sont sur le point de se livrer une guerre qui décidera de l’espèce dominante sur Terre.

Enfin dans « Suprématie » :Chassés de leur habitat, César et ses semblables se remettent encore de la prise de contrôle de Koba. César garde le maigre espoir d’éviter la guerre avec les humains mais ses ennemis sont sur le point de recevoir des renforts militaires dirigés par le cruel colonel McCullough. Alors qu’il tente de bloquer les soldats de McCullough, César envoie son fils Blue Eyes au sud pour trouver un refuge pour les singes, malgré les rumeurs d’événements terribles qui se produisent là-bas. Pendant ce temps, les partisans de Koba sèment la dissidence parmi les rangs de César. »

La première fois que j’ai regardé « la planète des singes », j’étais petite et  la première adaptation du roman de Pierre Boulle que j’ai vu, était celle de 1968 avec Charlton Heston, qui m’avait fait plutôt peur.

Des années plus tard, je regarde par curiosité Les Origines réalisé par Rupert Wyatt. Et celui-là tend à me réconcilier avec cette histoire car il n’y a pas dans ce flm de manichéisme évident. Les hommes essaye de dominer la nature et se font prendre à leur propre piège mais ne sont pas tous mauvais. De la même manière, les singes victime des tests en laboratoire dépassent leur statut de victime et peuvent devenir violent.

J’ai plutôt apprécié les deux premiers films car ils amenaient une réflexion sur l’espèce dominante. Bon le premier le faisait davantage que le second et avec le recul, je me dis qu’il aurait pu se suffire à lui-même, vu ce qu’il suggérait en toute fin et vu les dérives qui ont commencé à poindre dans l’Affrontement.

Tout au long de ce triptyque, on perçoit l’évolution de César: d’une personne ayant confiance en son humain, choyé , protégé qui se rend compte de la réalité du monde et du fait qu’il n’est à l’extérieur considéré que comme un animal corvéable à merci. L’intelligence qu’il développe lui permet de devenir lucide sur la réalité des choses, son caractère se forge jusqu’à devenir chef d’une révolution et à conduire ses semblables à la liberté.

 

Puis après que le virus ait presque éradiqué l’espèce humaine, César devenu chef de guerre et chef de famille  porte le poids de guider ses semblables tout en restant juste malgré les remises en questions et désaccords et besoin de vengeance de certain.

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Enfin, le troisième film montre un César dont les certitudes vacillent et dont le besoin de vengeance prend le dessus dans une haine aveugle qui mène les siens à la perte et qui lui fait se rendre compte qu’il n’est pas vraiment différent de ceux qu’il combat.

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A la fin du deuxième film on essayait de garder  un peu foi en l’espèce humaine, se disant qu’il existait un espoir de trouver des individus un peu moins pourris et destructeurs que la moyenne, même désespérés.

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Ce qui m’a le plus gêné dans l’évolution de cette histoire qui se présente comme un préquel au roman de Pierre Boulle, c’est cette évolution du groupe des singes qui est un mimétisme de la société humaine. Alors certes, dans le roman, les choses sont effectivement décrites ainsi mais puisque ce qui est développé ici n’existait pas , est ce que cela ne permettait pas justement d’explorer une autre voie, qui aurait par ailleurs apporté une vraie modernité au récit?

Ce troisième film, réalisé par Matt Reeves comme le second, est très accentué sur l’action que sur une vision critique des choses amorcée par les Origines.  J’ai été plutôt déçue même par certains clichés qui y sont bien développés. Ainsi, ce singe de zoo qui a appris à parler en regardant les humains et dont le personnage en devient presque ridicule tellement il est caricatural. Un autre traitement aurait je pense pu être fait de ce sujet;

Sur la réalisation, les images sont en revanche toujours magnifique. A souligner, la performance d’ Andy Serkis que je trouve toujours très convaincant, en Gollum autant qu’en César.

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En conclusion, mon questionnement persiste autour du fait que même si les singes deviennent l’espèce dominante , Matt Reeves à chercher à les humaniser un maximum , (ce qui n’était à mon sens moins rechercheé par Rupert Wyatt dans les Origines): les relations interpersonnelles, la notion de famille et des liens d’attachement, les singes qui se tiennent et se  déplacent debout où même à cheval!! (l’appropriation d’une autre espèce à son profit!) , l’utilisation d’armes à feu et le désir de vengeance sont selon moi propre de l’être humain. je pense qu’il aurait été possible de dépendre une espèce simiesque dominante et redoutable tout en étant fidèle à sa propre nature (ce qui avait été amorcé au début).

j’avais beaucoup aimé le premier volet , (mais vraiment beaucoup) puisqu’il questionnait beaucoup sur notre rapport à la nature et la façon dont l’être humain pense pouvoir agir en tout impunité. Le deuxième film était également intéressant dans le sens où j’y voyais une humanité réduite à presque rien et n’étant plus l’espèce dominante et qui devait composer et négocier avec d’autres forces pour survivre. En revanche le dernier 3e film, si il fallait selon moi le voir pour clore ce triptyque, a clairement fait le aprti pris d’une autre direction moins intéressante.  Alors oui, César fait le constat qu’il reproduit à son tour les mêmes erreurs que les hommes en cherchant à assouvir sa vengeance personnelle mais j’aurais je pense préférer une sorte de victoire de la nature sur l’homme qui n’est que partielle ici.

G.

Béliers

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(Film de Grímur Hákonarson, 2015, 1h32)

En Islande, dans un village isolé, Gummi et Kiddi, deux frères éleveurs de moutons, vivent comme des voisins mais ne se parlent plus depuis une quarantaine d’années. Une vieille brouille sépare en effet les frères, qui remportent tous les prix de la région, grâce un élevage familial qu’ils se partagent depuis toujours. Mais tout est bouleversé quand une maladie frappe le troupeau de Kiddi et attire les autorités sanitaires. Pour éviter toute forme de contamination, tous les troupeaux de la région sont en effet menacés d’abattage…

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J’ai trouvé ce film magnifiquement réalisé. Aux vues de paysages islandais grandioses s’ajoute une lenteur dans les plans et le déroulé de l’histoire que l’on s’imagine bien correspondre à la vie sur l’île. L’économie des dialogues n’enlève rien à la force des images et de l’histoire que l’on regarde se dérouler, impuissants , jusqu’à son dénouement final.

J’ai aussi beaucoup la délicatesse avec laquelle les relations humaines et fraternelles surtout sont mises en scène. Encore une fois, on se rend compte de la nécessité pour l’homme de s’adapter à une nature souvent rude et austère. Mais il est également donné à voir comment cette nature dans sa cruauté arrive parfois à rassembler les personnes dans l’adversité.

Sigurdur Sigurjónsson, Theodor Juliusson

Ce film a reçu le prix « un certain regard » au festival de Cannes en 2015 et ce n’est pas sans raison. Je ne peux que conseiller à chacun de prendre un moment pour le regarder.

G.

Lion

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Réalisé par garth Davis en 2016, durée: 1h58

Une incroyable histoire vraie : à 5 ans, Saroo se retrouve seul dans un train traversant l’Inde qui l’emmène malgré lui à des milliers de kilomètres de sa famille. Perdu, le petit garçon doit apprendre à survivre seul dans l’immense ville de Calcutta. Après des mois d’errance, il est recueilli dans un orphelinat et adopté par un couple d’Australiens.
25 ans plus tard, Saroo est devenu un véritable Australien, mais il pense toujours à sa famille en Inde.
Armé de quelques rares souvenirs et d’une inébranlable détermination, il commence à parcourir des photos satellites sur Google Earth, dans l’espoir de reconnaître son village.
Mais peut-on imaginer retrouver une simple famille dans un pays d’un milliard d’habitants ?

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Ce film est adapté d’un roman de Saroo Brierley, publié en France au départ sous le titre « Je voulais retrouver ma mère »et est donc basée sur une histoire vraie. Le rôle principale de Saroo adulte est tenu par Dev Patel, acteur que l’on a déjà pu voir il y a quelques années également dans le rôle principal du film « Slumdog Millionaire » et qui apparaît ici ,encore une fois, touchant et convaincant.

Toute la première partie du film est consacré à l’enfance de Saroo en Inde. L’occasion de voir des images magnifiques qui nous font voyager. On y voit également la vie quotidienne de Saroo et sa famille: une mère qui travaille pour élever seule ses trois enfants mais également la débrouille dont font preuve les deux garçons pour ramener un peu d’argent ou de nourriture à la maison, parfois au péril de leur vie. Jusqu’au jour de l’incident qui va changer à tout jamais la vie du jeune garçon mais dont il ne percevra vraiment le dénouement que des années plus tard.

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La seconde partie du film montre la nouvelle vie de Saroo dans une famille australienne aisée qui l’a adopté. la façon dont le petit garçon, encore une fois a su s’adapter et cette nouvelle vie dans laquelle il a su se contruire.

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Ce film montre surtout la quête de Saroo devenu adulte: quête identitaire dans un pays comme l’Australie où de nombreuses cultures se côtoient, lui faisant réaliser à quel point ses racines indiennes lui sont devenues lointaines. Quête donc d’une culture qui a un jour été la sienne, mais également d’un pays , d’une langue et de sa famille dont il ne garde que des bribes de souvenir, quelques images… Cette recherche et ce questionnement autour de son identité vont devenir obsessionnel et presque le rendre fou et le faire s’enfoncer dans un isolement toujours plus profond jusqu’à la décision du départ irrémédiable sur les traces de son enfance.

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Le film est prenant et nous fait partager la quête de Saroo jusqu’au dénouement final. Les images sont très belles et m’ont donné envie de voyage.  Cela m’a également donné à réfléchir sur le déracinement et la construction identitaire des enfants adoptés dans un pays étranger et que l’on arrache plus ou moins violemment à leur environnement. Cela questionne sur cette violence institutionnelle devenue assez banale et sur les adultes en perte de repère et en quête de leurs racines que cela prépare.

C’est également l’occasion de rappler que l’enfance n’est pas exposée aux mêmes dangers et à la même attention dans tous les pays du monde.

Ce film est une très belle découverte qui amène à réfléchir un peu plus loin (ce que j’apprécie beaucoup) et l’histoire est déroulée toute en finesse et délicatesse sans jugement ni manichéisme , ce qui est plutôt habile autour d’un tel sujet.

G.

Clash

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(film égyptien de Mohamed Diab, 2016, 1h37)

Le Caire, été 2013, deux ans après la révolution égyptienne. Au lendemain de la destitution du président islamiste Morsi, un jour de violentes émeutes, des dizaines de manifestants aux convictions politiques et religieuses divergentes sont embarqués dans un fourgon de police. Sauront-ils surmonter leurs différences pour s’en sortir ?

Sélectionné officiellement dans la catégorie « un autre regard » au festival de Cannes 2016, ce film est le deuxième de l’égyptien Mohamed Diab (après Les femmes du bus 678). 

Mohamed Diab , dans ses deux films s’attache à montrer le quotidien des égyptiens, bien loin de l’image touristique que nous avons. Mais, dans cette deuxième réalisation, il pousse le réalisme jusqu’à reproduire, avec un nombre de figurants impressionnant, les émeutes qui ont eu lieu autour de la destitution du président élu démocratiquement Mohamed Morsi. Pour rappel, en 2013, quelques mois après les élections, l’armée égyptienne menée par le Général Abdel Fattah al-Sissi  et soutenue par une partie de la population provoque un coup d’état renversant le président Morsi. Président, jugée dangereux par une partie du pays, puisque affilié au parti islamique radical des Frères Musulmans.

Les émeutes de l’été 2013, intervenant sur la fin du printemps arabe (après les événements ayant conduit aux renversements de dirigeants de plusieurs pays arabes , Tunisie et Lybie notamment), opposèrent donc les partisans d’un Islam assez radical derrière les Frères Musulmans et les partisans du Général Sissi.

Ce film est une véritable claque. En réussissant le tour de force de ne prendre aucun parti, Mohamed Diab nous fait revivre les violences inouïes qui ont secoué le pays pendant plusieurs semaines alors qu’à l’image elles sont finalement plutôt suggérées.

Le film a, en grande partie été tourné depuis l’intérieur d’un vrai fourgon de police et rend ainsi palpable la sensation d’étouffement et d’emprisonnement vécue par les protagonistes. Le tournage a d’ailleurs été particulièrement difficile pour les acteurs du fait de l’exiguïté du fourgon. Toutes les scènes ou presque sont vues depuis l’intérieur du camion et rendent encore plus vif le sentiment d’impuissance au regard de ce qui se passe à l’extérieur.

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Au delà de cela, Clash rend compte de ce dont est capable la nature humaine. D’une vingtaine de personnages aux idéologies différentes (journalistes, partisans des Frères Musulmans, partisan de l’armée et policiers) qui se retrouvent malgré eux dans ce même fourgon nous assistons à une évolution. Sur le point de s’entre tuer d’abord, puis témoin des scènes de barbaries innommables de l’extérieur du fourgon et étant le fait de tout parti confondu.

Mohamed Diab filme la prise de conscience de la sauvagerie dont est capable l’être humain pris dans la masse, par quelques personnages spectateurs de cela. Jusqu’au moment où ces quelques personnages vont commencer à tisser des liens et ressentir le besoin de se protéger les uns les autres de ce qui se passe à l’extérieur du huis clos.

Plusieurs thèmes sont abordés: la différence de religion, de sexe, de classe sociale, d’idéologie politique; cela nous permet finalement de prendre conscience qu’avant tout cela, nous sommes des êtres humains et que la force réside dans cette caractéristique commune.

G.

La Tortue Rouge

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La tortue Rouge est un film d’animation sans dialogue réalisé par le belge, Michael Dudok de Wit et produit en association avec le studio Ghibli.

Ce film raconte l’histoire d’un homme échoué seul sur une île tropicale et la relation qu’il y noue avec une tortue rouge géante.

Ce n’est pas une surprise, pour un film produit par les studios Ghibli, si je dis que dès les premières minutes nous sommes emportés par cette histoire. La finesse et la délicatesse des dessins magnifiques si précis et détaillés et en même temps si simples (pourtant différent de ceux auxquels on est habitués chez Ghibli), alliés à une musique sublime font que la magie opère dès le début.

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Et de magie il en est questions ici, autant dans le propos lui-même que dans la façon qu’a le récit de nous faire voyager. J’ai été émerveillé par les images, touchée par l’histoire des personnages principaux, émue, j’ai aussi ri parfois.

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Le récit de l’homme naufragé sur une île déserte est ici prétexte à retracer toutes les étapes importantes de la vie d’un être humain. Les sentiments : joies, peines, colère, remords, amour… tous sont ici représentées et intégrés à l’évolution nécessaire de cet homme dans son environnement.

C’est également la métaphore de l’homme qui essaye de lutter contre les forces de la nature avant d’accepter de vivre en harmonie avec elle, qui est déroulée mine de rien. Ce rapport a une nature forte qui peut nourrir, laisser vivre ou tout détruire est présenté de façon très claire. Et pour tout cela, il n’y a même pas besoin de dialogue. Il y a juste à se taire et regarder.

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G.

La vallée des loups

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Film français de Jean-Michel Bertrand (2017) 1h30

Il existe encore aujourd’hui en France des territoires secrets. Ce film est une quête personnelle, l’histoire d’un pari fou tenté par un passionné rêveur, un anti héros capable de briser toutes les barrières pour parvenir à son but : rencontrer des loups sauvages dans leur milieu naturel. Après trois années passées sur le terrain à bivouaquer en pleine nature par n’importe quel temps, le réalisateur parvient à remonter la piste des loups. Petit à petit, il observe, se rapproche et finit par se faire accepter par la meute. Contre toute attente les prédateurs magnifiques offrent alors un peu de leur intimité à ce drôle de personnage. Mais le film pose aussi la question des limites de cette intimité.

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Jean-Michel Bertrand nous offre ici la chance de participer en tant que spectateur à chaque moment d’une longue quête. Evidemment en tant que spectateur car ce qu’il réalise ne peut être qu’un cadeau offert à une minorité de chanceux initié.

Et pourtant, on est avec lui, nous partageons ses doutes, son énervement et son découragement lorsque rien ne se passe…on a froid, on supporte la pluie avec lui… mais surtout il nous permet ce luxe de partager ces temps, pratiquement des instants de grâce que la nature finit par lui consentir.

Surtout, nous prenons conscience de notre petitesse et de notre insignifiance face à tous ces paysages et cette nature intacte. Je crois que nous prenons aussi la mesure du point auquel notre vie est devenue « contre nature » parfois… et que prendre du temps pour s’effacer et juste observer ce qui se passe est terriblement enrichissant et porteur de leçons à retenir.

Ici ce n’est pas l’homme qui prend les choses de force mais la nature qui lui accorde quelques moments, comme un cadeau obtenu à force de patience et de persévérance, rien n’est facile. Pourtant, on rit aussi !

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Ce film nous permet aussi de constater la précarité de la place que nous laissons à cette nature discrète et délicate qui nous entoure et qui est pourtant d’une logique inouïe et donc précieuse à conserver.

Le tournage qui a eu lieu dans une vallée du massif des Écrins. Un lieu que le réalisateur, qui y a passé trois ans pour les besoins du film, tient à garder secret pour des raisons évidentes.

Un film magnifique tant au niveau du propos que des images et qui remet pas mal de choses en place.

G.

Un français

Deux français, trois français,….

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Film français , durée :1h38, réalisé par Diastème
Avec Alban Lenoir, Samuel Jouy et Paul Hamy

Avec ses copains, Braguette, Grand-Guy, Marvin, Marco cogne les Arabes et colle les affiches de l’extrême droite. Jusqu’au moment où il sent que, malgré lui, toute cette haine l’abandonne. Mais comment se débarrasser de la violence, de la colère, de la bêtise qu’on a en soi ? C’est le parcours d’un salaud qui va tenter de devenir quelqu’un de bien.

J’avais très envie de voir ce film, surtout depuis que la plupart des salles de cinéma, suite à la diffusion de sa bande annonce, avaient décidé de le boycotter et donc de ne pas le diffuser. Pourquoi ? Car jugé trop violent ?!

Certes, certaines scènes sont violentes et choquantes et l’on ressent une certaine impuissance à les regarder et se dire que de tels faits ont eu, où ont encore effectivement lieu. C’est bien là que le bas blesse… cette violence qui nous ai donné à voir n’a rien d’imaginaire !

A travers le déroulement de la vie de Marco, de jeune adulte à père de famille séparé, c’est bien l’évolution de notre société qui défile devant nos yeux. Force est de constater que les idéologies dont le personnage principal tend à se détacher tout au long du film, sont réelles et de plus en plus banalisées dans notre quotidien.

A travers les regrets de Marco et le mal-être auquel il n’arrive pas à échapper, on s’attache malgré tout au personnage.  On assiste à son évolution, au fil des rencontres qui jalonnent son parcours et le font évoluer mais le laisse finalement très seul. Surtout, on comprend qu’il ne s’est pas attaché à une idéologie néo-nazi ou fasciste par conviction mais davantage pour fuir un mal-être, un contexte familial pesant et trouver une appartenance et une reconnaissance auprès de ses pairs. Pourtant, loin d’y trouver un mieux-être, c’est plutôt une forme d’angoisse qui va le pousser à s’ouvrir aux autres et à changer de façon de penser les choses.

Je pense qu’il est important de voir ce film, (par ailleurs pas plus violent qu’un American History X (par exemple)), ne serait-ce que pour y trouver matière à réflexion et peut-être ouvrir les yeux sur la violence réelle qui fait notre quotidien.

G.