Tout en haut du monde

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(réalisé par Rémi Chayé en 2015, 1h21)

1882, Saint-Pétersbourg. 
Sacha, jeune fille de l’aristocratie russe, a toujours été fascinée par la vie d’aventure de son grand-père, Oloukine. Explorateur renommé, concepteur d’un magnifique navire, le Davaï, il n’est jamais revenu de sa dernière expédition à la conquête du Pôle Nord. Sacha décide de partir vers le Grand Nord, sur la piste de son grand-père pour retrouver le fameux navire.

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Tout en haut du monde est un très beau film d’animation comme j’aime à en découvrir régulièrement. Il nous transporte d’abord dans la Russie de la fin du 19ème siècle et sa société aristocratique très codifiée. Puis ensuite sous l’impulsion de Sacha, nous participons à un long périple semé d’embûches. Nous accompagnons la jeune fille qui évolue de princesse de bonne famille à aventurière qui ne lâchera rie pour atteindre son but.

Les dessins et l’animation sont magnifiques et emprunts de poésie. Je me suis retrouvé plongée entièrement das l’ambiance du film de la première à la dernière minute sans temps morts. les personnages sont attachants et faillible, ce qui les rend d’autant plus intéressants. Le tout accompagné d’une musique pleine de grâce qui vient délicatement souligner quelques passages du film.

A découvrir pour revenir (un peu ) en enfance…

G.

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Dans la forêt, Jean Hegland

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Rien n’est plus comme avant : le monde tel qu’on le connaît semble avoir vacillé, plus d’électricité ni d’essence, les trains et les avions ne circulent plus. Des rumeurs courent, les gens fuient. Nell et Eva, dix-sept et dix-huit ans, vivent depuis toujours dans leur maison familiale, au cœur de la forêt. Quand la civilisation s’effondre et que leurs parents disparaissent, elles demeurent seules, bien décidées à survivre. Il leur reste, toujours vivantes, leurs passions de la danse et de la lecture, mais face à l’inconnu, il va falloir apprendre à grandir autrement, à se battre et à faire confiance à la forêt qui les entoure, emplie d’inépuisables richesses.

Publié en 1996 en version originale, il a fallu attendre 2017 pour qu’un éditeur décide de faire paraître ce texte en français et que nous puissions le découvrir. Cela paraît surprenant tellement le sujet abordé paraît à la mode actuellement. Ici pas de zombie ou de tueurs fou et c’est bien cela qui rend le récit si crédible.

Ce livre est pour moi une très bonne découverte, je l’ai lu presque d’une traite un samedi après-midi frais et pluvieux, avec un plaid en écoutant les gouttes de pluie tapé contre les vitres…. l’ambiance d’une grande partie de l’histoire.

Deux thèmes s’entremêlent ici selon moi: la relation parfois complexe entre ces deux sœurs désormais presque seules au monde et le contexte de fin du monde dans lequel elles se trouvent. Le point commun à ces deux thèmes est sans surprise la forêt qui au fil du récit devient presque un troisième personnage: toujours ultra présente, effrayante, elle peut se montrer cruelle mais également protectrice, elle est surtout le témoin silencieux de tout ce qui se passe.

Les relations humaines sont ici décrites de façon très subtile, souvent dans le non-dit et pourtant souvent dans l’évidence avec ce leitmotiv qui ponctue l’histoire : « ta vie t’appartient. « 

Au-delà de l’aspect humain de la chose (comment réagirions-nous dans pareille situation? comment ce contexte de vie redistribue-t-il les cartes de la vie en commun?… ) ce qui m’a surtout questionné et effrayé c’est le réalisme de la situation. La façon dont la civilisation et le confort moderne s’efface petit à petit, l’impossibilité de lutter contre cela paraît presque palpable et envisageable. Et ce constat… si cela arrivait, je serai bien en difficultés de survivre plus de quelques jours. Et pourtant, ce qui s’opère ici c’est bien un retour à l’essentiel et à la nature qui fait prendre conscience du manque de sens parfois de nos modes de vie.

Il est difficile de parler plus de ce livre sans en dévoiler une partie du contenu, ce qui serait en avoir à la fois trop dit et pas assez, j’en conseille juste la lecture.

G.

La planète des singes

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durée 2h22; réalisateur : Matt Reeves (2017)

Ce film fait suite à deux premiers volets: les origines et l’affrontement.

 

 

« Les Origines » débute dans un laboratoire, où des scientifiques expérimentent un traitement sur des singes pour vaincre la maladie d’Alzheimer. Mais leurs essais ont des effets secondaires inattendus : ils découvrent que la substance utilisée permet d’augmenter radicalement l’activité cérébrale de leurs sujets. César, est alors le premier jeune chimpanzé faisant preuve d’une intelligence remarquable. Mais trahi par les humains qui l’entourent et en qui il avait confiance, il va mener le soulèvement de toute son espèce contre l’Homme dans un combat spectaculaire.

Dans « l’Affrontement », une nation de plus en plus nombreuse de singes évolués, dirigée par César, est menacée par un groupe d’humains qui a survécu au virus dévastateur qui s’est répandu dix ans plus tôt. Ils parviennent à une trêve fragile, mais de courte durée : les deux camps sont sur le point de se livrer une guerre qui décidera de l’espèce dominante sur Terre.

Enfin dans « Suprématie » :Chassés de leur habitat, César et ses semblables se remettent encore de la prise de contrôle de Koba. César garde le maigre espoir d’éviter la guerre avec les humains mais ses ennemis sont sur le point de recevoir des renforts militaires dirigés par le cruel colonel McCullough. Alors qu’il tente de bloquer les soldats de McCullough, César envoie son fils Blue Eyes au sud pour trouver un refuge pour les singes, malgré les rumeurs d’événements terribles qui se produisent là-bas. Pendant ce temps, les partisans de Koba sèment la dissidence parmi les rangs de César. »

La première fois que j’ai regardé « la planète des singes », j’étais petite et  la première adaptation du roman de Pierre Boulle que j’ai vu, était celle de 1968 avec Charlton Heston, qui m’avait fait plutôt peur.

Des années plus tard, je regarde par curiosité Les Origines réalisé par Rupert Wyatt. Et celui-là tend à me réconcilier avec cette histoire car il n’y a pas dans ce flm de manichéisme évident. Les hommes essaye de dominer la nature et se font prendre à leur propre piège mais ne sont pas tous mauvais. De la même manière, les singes victime des tests en laboratoire dépassent leur statut de victime et peuvent devenir violent.

J’ai plutôt apprécié les deux premiers films car ils amenaient une réflexion sur l’espèce dominante. Bon le premier le faisait davantage que le second et avec le recul, je me dis qu’il aurait pu se suffire à lui-même, vu ce qu’il suggérait en toute fin et vu les dérives qui ont commencé à poindre dans l’Affrontement.

Tout au long de ce triptyque, on perçoit l’évolution de César: d’une personne ayant confiance en son humain, choyé , protégé qui se rend compte de la réalité du monde et du fait qu’il n’est à l’extérieur considéré que comme un animal corvéable à merci. L’intelligence qu’il développe lui permet de devenir lucide sur la réalité des choses, son caractère se forge jusqu’à devenir chef d’une révolution et à conduire ses semblables à la liberté.

 

Puis après que le virus ait presque éradiqué l’espèce humaine, César devenu chef de guerre et chef de famille  porte le poids de guider ses semblables tout en restant juste malgré les remises en questions et désaccords et besoin de vengeance de certain.

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Enfin, le troisième film montre un César dont les certitudes vacillent et dont le besoin de vengeance prend le dessus dans une haine aveugle qui mène les siens à la perte et qui lui fait se rendre compte qu’il n’est pas vraiment différent de ceux qu’il combat.

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A la fin du deuxième film on essayait de garder  un peu foi en l’espèce humaine, se disant qu’il existait un espoir de trouver des individus un peu moins pourris et destructeurs que la moyenne, même désespérés.

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Ce qui m’a le plus gêné dans l’évolution de cette histoire qui se présente comme un préquel au roman de Pierre Boulle, c’est cette évolution du groupe des singes qui est un mimétisme de la société humaine. Alors certes, dans le roman, les choses sont effectivement décrites ainsi mais puisque ce qui est développé ici n’existait pas , est ce que cela ne permettait pas justement d’explorer une autre voie, qui aurait par ailleurs apporté une vraie modernité au récit?

Ce troisième film, réalisé par Matt Reeves comme le second, est très accentué sur l’action que sur une vision critique des choses amorcée par les Origines.  J’ai été plutôt déçue même par certains clichés qui y sont bien développés. Ainsi, ce singe de zoo qui a appris à parler en regardant les humains et dont le personnage en devient presque ridicule tellement il est caricatural. Un autre traitement aurait je pense pu être fait de ce sujet;

Sur la réalisation, les images sont en revanche toujours magnifique. A souligner, la performance d’ Andy Serkis que je trouve toujours très convaincant, en Gollum autant qu’en César.

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En conclusion, mon questionnement persiste autour du fait que même si les singes deviennent l’espèce dominante , Matt Reeves à chercher à les humaniser un maximum , (ce qui n’était à mon sens moins rechercheé par Rupert Wyatt dans les Origines): les relations interpersonnelles, la notion de famille et des liens d’attachement, les singes qui se tiennent et se  déplacent debout où même à cheval!! (l’appropriation d’une autre espèce à son profit!) , l’utilisation d’armes à feu et le désir de vengeance sont selon moi propre de l’être humain. je pense qu’il aurait été possible de dépendre une espèce simiesque dominante et redoutable tout en étant fidèle à sa propre nature (ce qui avait été amorcé au début).

j’avais beaucoup aimé le premier volet , (mais vraiment beaucoup) puisqu’il questionnait beaucoup sur notre rapport à la nature et la façon dont l’être humain pense pouvoir agir en tout impunité. Le deuxième film était également intéressant dans le sens où j’y voyais une humanité réduite à presque rien et n’étant plus l’espèce dominante et qui devait composer et négocier avec d’autres forces pour survivre. En revanche le dernier 3e film, si il fallait selon moi le voir pour clore ce triptyque, a clairement fait le aprti pris d’une autre direction moins intéressante.  Alors oui, César fait le constat qu’il reproduit à son tour les mêmes erreurs que les hommes en cherchant à assouvir sa vengeance personnelle mais j’aurais je pense préférer une sorte de victoire de la nature sur l’homme qui n’est que partielle ici.

G.

Génocidé, Révérien Rurangwa

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Ce court roman est le témoignage de Révérien Rurangwa, rescapés du génocide Tutsi qui  lieu au Rwanda en 1994 dans la quasi indifférence générale.

Pour rappel le « génocide rwandais » a duré environ quatre mois d’avril à juillet 1994 et a fait environ un million de morts. Ce fut le génocide le plus court de l’histoire et le plus meurtrier au regard du nombre de victimes par jour. L’élément déclencheur en fut l’attentat perpétré contre le président Hutu alors en place Juvénal Habyarimana; l’avion dans lequel se trouvait ce dernier ainsi que le président du Burundi a été abattu le 6 avril 1994. Cet événement fut le premier d’une suite d’événements qui ont vu se cristalliser la haine envers les Tutsi jusqu’à leur massacre pur et simple à partir du 7 avril 1994.

L’ONU définit le génocide comme :  » l’un quelconque des actes ci-après commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel :

a) Meurtre de membres du groupe ;
b) Atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe ;
c) Soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle ;
d) Mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe ;
e) Transfert forcé d’enfants du groupe à un autre groupe.  « 

Pour une fois, je ne parle pas d’un roman avec un personnage principale féminin fort mais ce récit m’a beaucoup touché et donné à réfléchir. Même si les années ont passé, cela n’enlève rien à l’horreur des actes qui ont été commis cette année là au Rwanda. J’étais à l’époque très jeune, je n’en ai donc pas un souvenir direct mais je me suis à plusieurs occasions retrouvée avec, entre les mains, un livre relatant ces événements.

Le génocide des Tutsi au Rwanda est considéré comme l’un des trois génocides du XX ème siècle avec celui des Arméniens en Turquie (1915-1916) et bien sûr celui des Juifs en Europe (1941-1944).

Cependant ce témoignage est percutant dans le sens où ce qui est livré ici est la vision de l’intérieur d’un homme ayant réchappé du massacre malgré de nombreuses et profondes cicatrices physiques comme psychologiques. Ce que le corps humain et l’âme peuvent endurer parfois semble inimaginable.

La description de cette journée d’enfer qu’a vécu Révérien Rurangwa est faite sans fausse pudeur mais sans rien épargner non plus des détails de ce qui s’est passé. C’est bien cela qui touche d’emblée. Je suis somme toute, bien privilégiée d’avoir grandi en France et de ne pas connaître les atrocités vécues par les habitants de nombreux pays en guerre mais ce qui rajoute à l’horreur et à la barbarie ici, c’est la prise de conscience d’une vie qui bascule du jour au lendemain sans possibilité d’en réchapper puisque les assassins d’aujourd’hui sont les amis d’hier qui nous connaissent si bien.

A ce drame, s’ajoute la difficulté de devoir continuer à vivre ensuite lorsqu’on se retrouve seul au monde avec toutes ces images en tête et qu’on ne reconnaît même plus son visage dans le miroir. L’auteur interroge ici beaucoup la religion en laquelle il a perdu foi et rien ne semble pouvoir apporter réponse à ses questions ni apaisement à ses souffrances que le temps, la réflexion et la capacité de pardonner si dur à atteindre.

« Si Dieu existait, aurait-il laissé accomplir toutes ces horreurs qui forgent ce qu’on appelle l’hsitoire de l’humanité? N’aurait-il pas retenu la main des criminels, comme il l’a fait pour Isaac, empêchant son père Abraham de le sacrifier, et empêché les génocides? Déjà, Saint Thomas d’Aquin voyait dans le mal l’objection la plus redoutable contre l’existence de Dieu. Son syllogisme demeure impeccable: « Quand on prononce le mot Dieu, on l’entend d’un bien infini. Donc, si Dieu existait, il n’y aurait plus de mal. Or, on trouve du mal dans le monde. Donc Dieu n’existe pas. » Saint Thomas a répondu à l’objection, mais sa réponse ne m’a pas convaincu. J’en reste au syllogisme et à sa conclusion. »

On ne ressort pas indemne de cette lecture qui offre une piqûre de rappel sur la nécessité d’être attentif à ce qui se passe autour de nous puisque qu’une info en chassant une autre, sommes-nous toujours conscients de la barbarie qu’endurent d’autres êtres humains, même à l’heure actuelle, au moment ou notre vie suit son cours relativement tranquille?

G.

 

 

La terre qui penche, Carole Martinez

terre qui penche Martinez

Blanche, la môme chardon, est-elle morte en 1361 à l’âge de douze ans comme l’affirme son fantôme? Cette vieille âme qu’elle est devenue et la petite fille qu’elle a été partagent la même tombe. L’enfant se raconte au présent et la vieillesse écoute, s’émerveille, se souvient, se revoit vêtue des plus beaux habits qui soient et conduite par son père dans la forêt sans savoir ce qui l’y attend. Veut-on l’offrir au diable pur que le mal noir qui a emporté la moitié du monde de revienne jamais?

J’avais hâte de lire ce roman puisque Carole Martinez, autrice également du cœur cousu et de du domaine des Murmures*, est quelqu’un dont j’apprécie vraiment l’écriture tout en finesse et poésie. Nous nous retrouvons encore une fois au domaine des Murmures, sur cette terre qui penche mais bien longtemps après l’histoire d’Esclarmonde*.

Et cette fois-ci aussi je me suis fait transporté par l’histoire de Blanche et par ce récit porté à deux voix: celle de la petite fille qu’elle était et celle de la vieille âme qu’elle est devenue. Et voici encore une histoire portée par une jeune fille forte comme dans les autres écrits de Carole Martinez.

Et c’est aussi cela que j’apprécie: des histoires de jeunes femmes tellement en avance sur leur temps par certains points de vue et dans la façon dont elles décident de pendre leur destin en main pour échapper à un avenir que les hommes ont tracés pour elles.

Blanche, la petite sauvageonne aux cheveux roux ne peut qu’être attachante dans le regard clairvoyant qu’elle porte sur le monde acceptant en elle-même la part d’ombre.

Ici, l’histoire ne fait pas exception et se mâtine de légendes anciennes mais aussi de légendes familiales secrètes dévoilées par des tiers auréolés de magie et de mystère. La nature se personnalise sous des traits humains afin de montrer qu’elle aussi peut se montrer cruelle et se venger, à l’image de la Loue cette rivière, qui est un thème centrale du roman, et qui peut se révéler impitoyable.

Les personnages sont entiers et apportent tous leur pierre à l’édifice. Ils ne sont pas ,en revanche aussi lisses qu’il y paraît et leur complexité empêche tout manichéisme.

Enfin, les liens que ces personnages tissent entre eux sont si finement décrits et développés au fil du récit que fait avantage que de papier ils nous sont rendus humains, faillibles et réveillent notre empathie.

A l’entrée dans cette lecture, je n’étais donc pas neutre et les pages défilant , je le suis encore moins aujourd’hui et ne peux que conseiller vivement de se laisser porter par ce joli moment de conte.

G.

 

La parenthèse Breizh !

Jolie semaine d’août passée au milieu des magnifiques paysages bretons… Concarneau d’abord avec son port et sa ville close aux petites rues commerçantes…

…et puis la côte à l’ouest de la ville jusqu’au phare d’ Eckmuhl et aux rochers de Saint Guénolé…

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..petit tour ensuite du côté de Locronan, village ancien plein de charme avec tous ses artisans ayant pignons sur rue…

… journée ensuite passée sur l’île aux moines dans le golfe du Morbihan et à seulement 5 minutes de bâteau du continent depuis Baden…

… de retour pas très loin de Concarneau sur la plage de Beg Meil et ses alentours un jour de grand vent où les lieux étaient bien déserts…

IMG_2387…puis place à la presqu’île de Crozon un peu plus au nord et aux falaises de la pointe de Dinan…

 … détour par le jardin botanique de Cornouailles, un lieu paisible un peu hors du temps…

enfin passage un peu trop court par manque de temps par le village de Paimpont et sa mythique forêt suposée être celle de Brocéliande et où se cache de nombreux sites emprunts de légende (tel que ce tombeau des géants)pour qui prend le temps de s’y attarder…

En bref, une semaine encore bien trop courte pour découvrir tout ce que la Bretagne recèle de trésors.

G.

Plates Coutures, Matmatah

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Allez, retour de vacances,…. un petit coup de blues…

On se soigne avec le nouveau Matmatah! Enfin nouveau… il est quand même sorti en mars mais bon, pas grave.

Que dire? ça fait plaisir de retrouver le son du groupe comme si ça ne faisait pas des années que cela nous manquait. L’efficacité de la musique est toujours là dans la veine des derniers albums. Les textes sont toujours aussi bien écrits, beaux, revendicatifs souvent et posant un regard plutôt acéré sur les travers de notre société et de notre monde (politique, état islamique). Parfois ils sont aussi mystérieux, à l’image de ce toboggan (mon coup de cœur perso!) qui nous parle sans que pourtant on n’en comprenne vraiment le sens… chacun y trouvera le sien propre sans doute.

Bref, un retour attendu et réussi qui fait du bien aux oreilles, mélancolique ou plus rock, sans toutefois se mettre trop au danger en s’écartant trop des chemins connus.

G.

 

Mes Contes de Perrault, Tahar Ben Jelloun

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Dans cette ouvrage, Tahar Ben Jelloun a choisi comme il l’explique lui-même dans la préface de prendre un espace de liberté dans la réécriture de certains contes de Perrault; il explique également à quel point les contes ont marqués son enfance par l’intermédiaire d’une vieille tante excentrique:

« J’ai imaginé plus tard les contes de Perrault racontés par Fadela. Elle les aurait transformés, pliés à sa fantaisie, leur donnant la couleur de ses moments de solitude, de la misère qu’elle avait connue avant d’arriver chez nous. Peut-être les aurait-elle mélangés aussi à ceux venus d’un Orient improbable où les djinns et les hommes assoiffés de pouvoir mènent le monde à sa perte?

Cette envie de m’approprier à ma façon certains contes de Charles Perrault remonte sans doute à toute cette histoire demeurée intacte dans ma mémoire. En les relisant, je n’ai pu m’empêcher de penser à ma vieille tante mythomane, si sympathique et tellement humaine. Elle avait une imagination exceptionnelle. Et si elle avait su lire et écrire, peut-être aurait-elle composé une oeuvre magnifique. Je me suis dit, par exemple: « comment raconterait-elle Peau d’âne? Oserait-elle tout dire sur Barbe Bleue? Quelle morale en aurait-elle tirée? » « 

Ici, comme d’habitude dans les écrits de l’auteur, la poésie s’allie à la finesse et à la délicatesse de l’écriture, pour nous offrir un fin mélange entre contes traditionnels et contes orientaux. En effet, si nous retrouvons beaucoup des récits qui nous sont familiers souvent depuis l’enfance, Tahar Ben Jelloun y mêle un rappel habile aux contes des 1000 et un nuits et à l’actualité grâce à une multitude de petits détails allant des prénoms des personnages à des traditions culturels ou des faits divers actuels.

Les anachronismes ainsi amenés sont généralement drôle et nous donne la possibilité d’une double lecture, à la fois tel que nous lirions un conte avec sa morale mais également comme une forme de critique du monde actuel.

Enfin, la réécriture est ici souvent prétexte à une critique constructive à l’égard de l’islam notamment sur la place de la femme dans la société et la remise en question de certains dogmes attribués à tort à la religion depuis de nombreuses générations; par exemple sur des sujets tels que l’héritage, la monogamie, où la valeur attribuée à la naissance d’une fille

En bref, un bon moment de lecture dont l’on peut profiter, que l’on peut arêter puis reprendre plus tard lorsqu’on a envie de lire un conte en quelques minutes. Appréciant moi-même beaucoup cet auteur, cette lecture fut donc encore un moment agréable , qui m’ a replongé un peu en enfance.

Et je suis contente de pouvoir parler de ce livre qui est par ailleurs un cadeau de ma coupine Sarah que je remercie grandement au passage!

G.

 

Béliers

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(Film de Grímur Hákonarson, 2015, 1h32)

En Islande, dans un village isolé, Gummi et Kiddi, deux frères éleveurs de moutons, vivent comme des voisins mais ne se parlent plus depuis une quarantaine d’années. Une vieille brouille sépare en effet les frères, qui remportent tous les prix de la région, grâce un élevage familial qu’ils se partagent depuis toujours. Mais tout est bouleversé quand une maladie frappe le troupeau de Kiddi et attire les autorités sanitaires. Pour éviter toute forme de contamination, tous les troupeaux de la région sont en effet menacés d’abattage…

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J’ai trouvé ce film magnifiquement réalisé. Aux vues de paysages islandais grandioses s’ajoute une lenteur dans les plans et le déroulé de l’histoire que l’on s’imagine bien correspondre à la vie sur l’île. L’économie des dialogues n’enlève rien à la force des images et de l’histoire que l’on regarde se dérouler, impuissants , jusqu’à son dénouement final.

J’ai aussi beaucoup la délicatesse avec laquelle les relations humaines et fraternelles surtout sont mises en scène. Encore une fois, on se rend compte de la nécessité pour l’homme de s’adapter à une nature souvent rude et austère. Mais il est également donné à voir comment cette nature dans sa cruauté arrive parfois à rassembler les personnes dans l’adversité.

Sigurdur Sigurjónsson, Theodor Juliusson

Ce film a reçu le prix « un certain regard » au festival de Cannes en 2015 et ce n’est pas sans raison. Je ne peux que conseiller à chacun de prendre un moment pour le regarder.

G.