Par le sang de la louve, Yann Trebaol

Editions Publishroom, 2020, 350 pages, ISBN 9791023617566

La plaine était couverte d’un sang que la terre buvait sans soif et les rayons du soleil scintillaient sur les armures mortes. » Nous sommes en l’an 61 après Jésus-Christ dans l’est de la Bretagne sous le règne de l’empereur Néron. Une reine Celte humiliée, fouettée pour l’exemple devant son peuple et laissée pour morte va faire trembler l’empire romain. L’épopée de la reine Boadicée et de ses guerriers rapportée par l’historien romain Tacite va vous entraîner dans une aventure pleine de fureur, d’amour et de trahisons, dont vous ne sortirez pas indemne. Laissez-vous transporter au cœur des combats qui se sont déroulés il y a presque deux mille ans dans le monde des druides, contre les fils de la louve.

Réécriture du mythe de Boadicée, appelée aussi Boudicca, Par le Sang de la Louve, se présente aussi et surtout comme un roman historique.

En effet, ce qui m’a d’abord interpellée, c’est qu’à la lecture de cet ouvrage, on constate vite que le travail de recherches et de documentation qui a été mené est très important. Ainsi les détails et descriptions fournis sur les us et coutumes , mais aussi la vêture , l’alimentation des populations de cette période protohistorique sont riches et variés, ce qui donne un vrai attrait historique au roman. Je me suis surprise à chercher les noms des différentes populations que je ne connaissais pas et j’ai pu constater qu’ils étaient bien réels. Ces détails m’ont souvent renvoyé nostalgiquement à mes apprentissages scolaires bien que les éléments historiques fournis ici soient beaucoup plus approfondis que ceux conservés de mes années de primaire!

Cet aspect du roman est habilement mêlé à la réécriture à laquelle procède l’auteur du mythe de cette reine Celte dont on ne sait dire si elle a réellement existé ou pas. En réalité, j’avais déjà entendu parler de Boudicca mais ne la connaissait pas sous son autre nom de Boadicée mais j’ai fait le rapprochement dès le début de ma lecture. A la lecture du résumé, j’imaginais une femme forte et libre et à mon sens c’est également ainsi que l’a pensée l’auteur mais pas uniquement.

En effet, si Boadicée est forte et libre, elle est aussi en proie aux doutes de façon régulière, elle se montre souvent inquiète de ne pas être à la hauteur de la tache qui lui est confiée (par les Dieux malgré tout). Elle doit trouver un équilibre entre son rôle de reine, d’amie, de mère, d’amante, de veuve.

A l’instar de Boadicée, les autres personnages sont également dépeints dans toute leur dimension humaine et donc leurs failles et leurs travers. Les jalousies, les trahisons, les coups bas mais aussi le courage et l’esprit de sacrifice font partie intégrante du récit, ce qui lui confère, au-delà de l’aspect historique, une dimension romanesque qui emmène le lecteur dans la quête de justice et de vengeance de Boadicée.

J’avoue que je ne m’attendais pas à trouver un récit mêlant autant de détails sur les relations entre les personnages mais plutôt des scènes de champs de bataille sanglantes. Si elle sont malgré tout présentes, elles sont intrinsèquement incorporées au reste du récit et amènent du rythme à l’ensemble.

J’ai beaucoup apprécié également toute la dimension druidique décrite au fil du récit, ainsi que la place prépondérante des druides, vate et bardes décrites dans le fonctionnement communautaire et la fonction politique, au-delà de l’aspect religieux.

De façon générale, le récit fait aussi la part belle aux personnages féminins qui sont dotés de caractères forts et complexes. Les divinités auxquelles il est fait régulièrement mention, sont également féminines et rarement évoquées en littérature, ce qui mérite d’être souligné.

Il faut malgré tout signaler que le récit s’ouvre sur une scène de violences physique et sexuelle qui pourrait heurter les plus sensibles. Je conseille néanmoins ce livre aux lecteurs/lectrices qui souhaitent découvrir une version du mythe de Boadicée et s’instruire sur la période historique mais qui attendent aussi un aspect romancée de l’Histoire.

Je remercie beaucoup Yann Trébaol, l’auteur et les éditions Publishroom qui ont bien voulu me confier cet écrit; écrit qui présente encore une autre dimension, musicale celle-ci, que l’auteur nous invite à découvrir ici.

G.

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